L’Unicef s’engage pour réduire la mortalité des enfants et des mères en RDC

0
82

La santé des enfants en RDC est particulièrement préoccupante car chaque année 465 000 enfants meurent avant leur cinquième anniversaire, trop souvent de causes facilement évitables telles que les diarrhées, les pneumonies et le paludisme. La malnutrition atteint encore des niveaux très élevés puisque six millions d’enfants de moins de deux ans souffrent de malnutrition chronique et près de 4 millions d’enfants âgés de 6 à 59 mois souffrent de malnutrition aiguë autant dans sa forme sévère que modérée.
Ces enfants malnutris ont entre 4 et 9 fois plus de risques de mourir que des enfants correctement alimentés.

Initiative « Promesse renouvelée » sauver 430 000 vies d’enfants de 0 à 5 ans et 7 900 vies de mères d’ici fin 2015
Face à l’urgence de la situation, le gouvernement de RDC a pris en 2012 un engagement historique : accélérer les progrès vers les Objectifs du Millénaire, afin de sauver 430 000 vies d’enfants de 0 à 5 ans et 7 900 vies de mères d’ici fin 2015.
Cet engagement consiste en des actions concertées qui visent à :
> accroître la couverture et la qualité de la prise en charge des maladies tueuses d’enfants ;
> développer les consultations prénatales afin de réduire le taux de faible poids de naissance et la prématurité et de prévenir le tétanos néo-natal et maternel ainsi que la transmission mère-enfant du sida ;
> augmenter le nombre des accouchements assistés dans les structures sanitaires en vue de réduire la mortalité maternelle et néonatales ;
> enfin encourager les vaccinations de routine tout en introduisant de nouveaux vaccins pour réduire la mortalité infanto-juvénile.
Les illustrations de cette volonté politique nationale forte de donner un accès à des soins de qualité pour tous les enfants et leurs mamans, même ceux des zones les plus reculées du pays, sont multiples.
Pour la première fois depuis de nombreuses années, le gouvernement a mobilisé un budget pour l’investissement en santé qu’il a confié à l’Unicef.
Le Projet d’équipement des structures sanitaires (PESS) va couvrir les besoins en matériels médico-sanitaires de 200 hôpitaux généraux de référence et 1.000 centres de santé dans les 11 provinces du pays en trois phases d’ici à mi-2015.
À ce stade, plus de 50% du projet est déjà réalisé grâce à la centrale d’achat de l’Unicef à Copenhague.
L’adhésion en 2013 de la RDC au mouvement global Scaling Up Nutrition (SUN) offre également une formidable opportunité de faire reculer la malnutrition en facilitant la coordination des partenaires et en mobilisant des ressources pour des actions à grande échelle. Une politique nationale multisectorielle de lutte contre les diverses formes de malnutrition au sein des groupes vulnérables a été adoptée en septembre 2013. C’est un grand pas réalisé pour réduire l’incidence des diverses formes de malnutrition au cours des premiers 1 000 jours de la vie d’un enfant.
Le gouvernement a aussi adopté deux stratégies importantes que l’Unicef soutient avec les autres partenaires.

Des interventions de masse à haut impact avec effet immédiat sur la mortalité des femmes et des enfants
Grâce à ces interventions aucun nouveau cas de poliomyélite n’a été enregistré depuis fin 2011. De plus, le nombre d’enfants insuffisamment ou non vaccinés est passé de 23% à 13%, le vaccin contre la pneumonie (PCV-13) est maintenant délivré dans tout le pays.

11,2 millions d’enfants âgés de 6 mois à 10 ans vaccinés contre la rougeole
Ces enfants ont bénéficié de campagnes de vaccination contre la rougeole dans quatre provinces particulièrement affectées en 2013, contribuant à rompre le cycle des épidémies.
En plus, 17 millions d’enfants ont reçu au moins deux doses de vaccin oral contre la polio, contribuant à maintenir l’interruption de la circulation du virus en RDC depuis fin 2011. L’Unicef appuie également le gouvernement de RDC dans son plan de renforcement global de la vaccination de routine pour consolider ces acquis.

12 millions d’enfants de 6 à 59 mois ont reçu un supplément de vitamine A et bénéficié de déparasitage deux fois au cours de l’année 2013
Par ailleurs, la RDC a mis en place un programme de prise en charge de la malnutrition aiguë qui élargit sa couverture progressivement pour atteindre le maximum d’enfants possible.
En 2013, le gouvernement, soutenu par l’Unicef, a pris en charge 254.009 enfants atteints de malnutrition aiguë sévère. Le financement obtenu n’a permis de toucher qu’un faible nombre d’enfants affectés, laissant la grande majorité sans accès au traitement. La malnutrition aiguë et sévère, reste l’urgence oubliée de la RDC. Pourtant, elle ne met pas seulement en danger la vie des enfants, elle a un impact sur la capacité des enfants à apprendre et donc sur leur potentiel, ainsi que sur les progrès économiques et sociaux des pays dans lesquels ils vivent.

Approches novatrices expérimentées avec succès en 2012 et 2013 pour renforcer durablement le système de santé
Une stratégie de couverture universelle graduelle de prise en charge des maladies tueuses d’enfants a été conçue à travers la mise en place de kits familiaux et de soins communautaires.
Elle a été testée dans la province du Bas-Congo en 2013. Les kits distribués sont composés de médicaments essentiels, de suppléments nutritionnels et d’autres commodités de base. L’approche inclut l’instauration d’un coupon de remboursement afin de réduire la barrière financière aux soins des ménages et d’assurer la motivation du personnel à la bonne performance. L’approche s’appuie sur les activités de consultations prénatales et de vaccination qui ont une couverture élevée pour faciliter un passage rapide d’échelle et une augmentation de la couverture des interventions.
Les communautés locales sont habilitées et impliquées à chaque étape du processus. Durant la phase pilote en 2013, ce sont 93 000 personnes dont 3 800 femmes enceintes et 18 000 enfants de moins de cinq ans qui ont bénéficié de l’expérimentation de l’approche dans la zone de santé de Mbanza Ngungu.

Monitorage Amélioré pour l’Action
Depuis 2012, le gouvernement de RDC, appuyé par l’Unicef, a revitalisé une approche d’amélioration des capacités des acteurs du système de santé dans l’analyse situationnelle et la planification basée sur les évidences (« Monitorage Amélioré pour l’Action »). En 2014, au moins 55 zones de santé conduiront deux fois par an l’analyse des goulots d’étranglement qui entravent l’accès de la population aux soins de qualité, et mettront en œuvre des actions correctrices pour y remédier. En conclusion, « Ce n’est pas un rêve d’imaginer que dans ce pays, dans un avenir proche, la mortalité infanto-juvénile puisse être ramenée à des niveaux beaucoup plus bas. L’engagement mondial est renouvelé, les partenaires sont mobilisés. Avec de la créativité et surtout une volonté politique nationale forte, tous les enfants, même ceux des zones les plus reculées, peuvent avoir accès aux interventions permettant de vaincre les principales causes de mortalité » a déclaré Barbara Bentein, Représentante de l’Unicef en RDC.

Propos recueillis par Dr. Jean-Pierre Lamarque

Photo : Unicef