Le Savoir-Faire Français dans l’Agrobusiness

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Se nourrir est un défi mondial qui va s’accentuer avec l’augmentation de la population, prévue à 9,5 milliards d’habitants d’ici 2050 selon l’ONU. Dans un contexte de limitation des surfaces agricoles, améliorer la productivité et l’investissement dans les secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire devient un enjeu majeur. C’est là que le savoir-faire français va pouvoir se démarquer dans les années à venir.

UN SECTEUR CLÉ DE L’ÉCONOMIE FRANÇAISE

Représentant 1,4 million d’emplois (5,5% de l’emploi total en France), l’agriculture/agroalimentaire ou « agrobusiness » est le premier secteur économique français. Il représente 3,5% du PIB national et est un secteur essentiel pour l’export. En 2016, il équivaut à 58,7 milliards d’euros d’exportations de produits agroalimentaires, soit près de 15% des exportations françaises de biens.

 

Il s’agit du 3ème excédent français (après l’aéronautique et les cosmétiques) avec un excédent commercial de 6,1 milliards d’euros. En 2015, la France est ainsi le 5ème fournisseur mondial de produits agroalimentaires (4,9% de parts de marché). Avec ses 4.800 exportateurs de produits agricoles et 17.100 de produits des industries agroalimentaires, c’est surtout vers les pays extracommunautaires que les exportations françaises se sont développées ces dernières années. Si l’Allemagne, la Belgique et le Royaume- Uni restent ses principaux clients, les exportations vers les pays tiers ont augmenté de 8,1% entre 2005 et 2015. D’ailleurs, l’essentiel de l’excédent commercial agroalimentaire repose sur ces exportations, puisqu’il s’élève à 5,3 milliards d’euros en 2016.

FAMILLE PRIORITAIRE À L’EXPORT

L’agrobusiness a donc été érigé comme une « fa- mille prioritaire à l’export », à travers la démarche « mieux se nourrir ». Un appui important est mis en place pour permettre à la fois de soutenir les négociations internationales, la levée des obstacles au commerce ou encore un soutien organisé et efficace aux entreprises. Ces dernières années, la compétitivité de la France a été mise à l’épreuve, notamment par des puissances émergentes comme le Brésil, la Chine ou l’Argentine. Il a donc fallu repenser le secteur, composé principalement d’entreprises de taille moyenne, en l’orientant vers des stratégies collectives et en trouvant des solutions pour accompagner les entreprises françaises. Et cette mission, c’est la fédératrice, Catherine Chavrier (directrice internationale de la branche boissons soft drinks de l’entreprise ECLOR), qui en a la charge. L’idée est de constituer une « équipe France de l’international » et de penser des actions concrètes que l’Etat pourrait mener afin d’améliorer son efficacité dans l’agrobusiness, ainsi que celle des entreprises, opérateurs et fédérations professionnelles. Il s’agit donc d’un véritable rôle de soutien, pour permettre aux PME et ETI françaises de se défendre sur le marché international, mais aussi de bénéficier de tous les mécanismes existants pouvant les soutenir. L’idée est notamment de s’appuyer sur les grands groupes et de favoriser les démarches collectives à l’international.

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DES ÉVÈNEMENTS FRANÇAIS

Concernant la visibilité des entreprises du secteur, des évènements sont organisés chaque année en France, afin de mettre en avant le savoir-faire français dans l’agrobusiness. On peut notamment penser au Salon de l’Agriculture qui est le salon majeur du secteur et offre une grande visibilité aux entreprises. Il a accueilli cette année près de 620.000 visiteurs, parmi lesquels le Président de la République, monsieur François Hollande et de nombreuses sociétés. Mais il s’agit aussi de l’organisation tous les deux ans du Salon international de l’alimentation (plus communément appelé SIAL), rendez-vous mondial de l’innovation alimentaire. Décliné dans de nombreux pays comme la Chine ou encore le Canada, le prochain SIAL aura lieu en 2018. Il est prévu que 7.000 entreprises et plus de 100 pays y présentent leurs produits. En 2016, la soirée d’inauguration du salon a eu lieu au Quai d’Orsay, en présence d’acheteurs internationaux.

LA RECHERCHE AGRONOMIQUE

Ce savoir-faire français s’exprime aussi à travers des programmes de recherche internationalement reconnus. Les principaux organismes de recherche agronomique sont le CIRAD, l’IRD, l’INRA ou encore l’IRSTEA. Devant faire face aux enjeux alimentaires mondiaux des 30 prochaines années, le secteur de l’agriculture et l’agroalimentaire a besoin d’importants changements et évolutions. Ces transformations, c’est au sein des instituts de recherche, et notamment français, qu’elles seront pensées. Ces organismes se sont en outre regroupés pour renforcer leurs partenariats à l’international, notamment à travers AllEnvi (l’alliance nationale de recherche pour l’environnement) ou encore AVIESAN (l’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé). Enfin, Agreenium (l’institut agronomique, vétérinaire et forestier de France), créé en 2015, rassemble 14 établissements d’enseignement supérieur, 4 organismes de recherche et 16 8000 personnels dont 6 700 chercheurs. Son objectif est de dégager des stratégies au niveau national, européen et international. Ainsi, la France s’est dotée d’une organisation conséquente dans le secteur de l’agrobusiness, autour des questions d’exportation, de visibilité et de recherche à l’international, permettant de faire profiter à ses pays partenaires de son savoir-faire.